Ce sujet vous intéresse ?

Parlons de vos enjeux et découvrez comment nos solutions peuvent donner vie à vos projets digitaux et interactifs.

    Social Media:

    Suspendre trois projecteurs au-dessus d’une fresque du XIIe siècle : retour sur le chantier de Nohant-Vic

    Cité de l’architecture & du patrimoine — Salle Nohant-Vic

    Quand la Cité de l’architecture & du patrimoine nous a confié l’installation du dispositif de vidéo-mapping de la salle Nohant-Vic, nous savions que nous entrions dans un terrain singulier. La salle abrite l’un des chefs-d’œuvre incontournables de la collection : la reproduction des fresques romanes de l’église Saint-Martin de Nohant-Vic, La Vie du Christ en images, peintes au XIIe siècle. Un espace patrimonial restitué, fragile, où chaque geste technique doit se faire oublier.

    Le projet, mené aux côtés de VIDEMUS (configuration du mapping sur Watchout) et ICONEM (production des contenus), avait un objectif simple à formuler et redoutable à exécuter : faire réapparaître les couleurs et la narration d’origine de la fresque, sans qu’aucun élément technique ne soit visible.

    Une seule poutre, trois projecteurs

    Le vrai casse-tête est apparu dès le relevé sur site. La salle ne disposait que d’une seule poutre porteuse, au centre, située au-dessus de la structure en staff qui restitue l’architecture romane. C’est le seul point d’ancrage exploitable. Pas un deuxième. Pas un mur sur lequel se rabattre.

    Et il fallait y suspendre trois vidéoprojecteurs courte focale, chacun affecté à un pan de mur précis, avec un recul minimal — la salle est resserrée, comme l’espace religieux qu’elle évoque.

    Trois projecteurs, une poutre, des fresques irrégulières sur trois plans différents, et la nécessité d’une immobilité absolue : si l’un des appareils bouge d’un millimètre dans le temps, c’est tout le mapping qui décroche du décor.

    La solution : une structure sur mesure, simple et équilibrée

    Notre réponse a pris la forme d’une structure d’accroche conçue spécifiquement pour le lieu. Simple, parce que la simplicité est ce qui dure et ce qui se règle. Équilibrée, parce qu’avec un seul point de charge, le moindre déséquilibre se traduit en torsion. Complètement rigide, parce que la moindre vibration ou dilatation tuerait le calage.

    Nous avons travaillé en parallèle avec les équipes de la Cité pour intégrer les trappes d’accès dans la structure en staff : il fallait pouvoir passer les câbles et accéder aux projecteurs sans abîmer le décor de restitution. Chaque trappe a été pensée pour s’effacer dans le dessin du staff, invisible depuis l’espace visiteur.

    Le passage de câbles entre les VP et la baie technique déportée en régie a été l’autre exercice de discrétion : aucun chemin de câbles ne devait apparaître, ni dans la salle, ni dans les zones de circulation.

    Le calage : « arroser » chaque pan de mur au millimètre

    Une fois la structure en place et les projecteurs montés, restait la partie la plus longue : le calage. Régler les axes, les hauteurs, les inclinaisons pour que chaque VP couvre exactement son pan de mur, en cohérence avec les deux autres, sur des surfaces qui ne sont ni planes, ni d’aplomb — une fresque restituée garde les irrégularités de l’original.

    C’est là que se joue toute la magie du résultat. Un calage approximatif et le mapping flotte, les contours débordent, la fresque semble mal incrustée. Un calage juste, et la matière peinte se confond avec la pierre.

    Côté ELECOM, l’installation complète — baie technique, fixation des projecteurs, structure d’accroche, câblage, audio, table tactile — a représenté 6 jours d’intervention. Videmus est ensuite intervenu 4 à 5 jours pour finaliser la configuration du mapping en lien avec les contenus d’ICONEM.

    [À INSÉRER : photo 3 — rendu final, fresque romane avec ses couleurs d’origine restituées par le mapping]

    Le son et l’accessibilité : ne rien laisser au hasard

    Au-delà de l’image, nous avons mis en œuvre une enceinte QSC en réseau Dante, suspendue, discrète et calée sur la spatialisation du contenu narratif.

    Nous avons également conçu et fabriqué une table tactile CLOUD sur mesure, accessible PMR, peinte au RAL choisi par le client pour qu’elle s’intègre visuellement à la salle. Cette table déclenche le mapping et donne accès à des contenus complémentaires sur la fresque. Elle intègre :

    • une boucle à induction pour les visiteurs malentendants,
    • un support casque et une prise mini-jack durcie pour les autres usages d’écoute,
    • une ergonomie pensée pour tous les publics.

    Concevoir des supports audiovisuels sur mesure en fonction d’un cahier des charges précis, c’est notre métier depuis plus de dix ans. Mais chaque projet patrimonial réinterroge la méthode : ici, l’accessibilité n’est pas un ajout, elle est intégrée à l’objet dès le dessin.

    Ce qu’il faut retenir

    Un chantier de vidéo-mapping patrimonial réussi, c’est paradoxalement un chantier qu’on ne voit pas. Aucune structure apparente, aucun câble visible, aucun appareil qui rappelle qu’on regarde une projection. Tout l’effort technique sert à effacer la technique.

    Sur Nohant-Vic, la contrainte initiale — une seule poutre, trois projecteurs, un recul minimal — aurait pu être un obstacle. Elle a été le moteur de la conception. La solution la plus sobre est presque toujours la plus juste, à condition d’accepter de passer le temps qu’il faut sur les détails que personne ne verra.

    Merci à la Cité de l’architecture & du patrimoine pour sa confiance, à Videmus pour sa rigueur et son efficacité, et à ICONEM pour la qualité du contenu numérisé qui donne tout son sens à l’installation.


    ELECOM conçoit et installe des dispositifs audiovisuels sur mesure pour les institutions culturelles, les musées et les fondations depuis plus de dix ans.